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vendredi 13 juin 2014

Ecole William Ponty


A la découverte de toiles militantes


Dans le cadre des Off de la 11ème Biennale des Arts de Dak’art, la société Emg universal auto a ouvert, samedi, son espace d’exposition aux artistes sénégalais Kemboury Bessane, Félicité Codjo, Baba Ly, mauritanienne, Aminata Sow et au photographe belge Jean-Louis Massart autour du thème « Brassage culturel »

Une fois n’est pas coutume. Au milieu des belles voitures flambant neuves de l’espace d’exposition de la société Emg universal auto, une trentaine de tableaux et de photographie reflétant le style de leurs différents auteurs attirent le regard des nombreux férus de l’art qui ont fait le déplacement en ce samedi. Et puis qu’on parle de brassage, il fallait bien que cela transparaisse sur les œuvres accrochées aux cimaises. Deux jeunes artistes sénégalais, Kemboury Bessane et Mahmoud Baba Ly, leur aînée sénégalaise Félicité Codjo, la Mauritanienne Aminata Sow et le Belge Jean-Louis Massart, rien à dire le brassage culturel, de genres et générationnel est bien assuré.

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, dit-on, cela tombe bien, les visiteurs ont une large palette de choix avec cette exposition. Par exemple, ils peuvent prendre du plaisir à contempler les oeuvres fécondées par l’actualité de l’Afrique (émigration clandestine, exode rural, émergence…) à travers des tableaux qui redonnent vie aux objets de récupération comme les composants électroniques et informatiques de Kemboury Bessane. « L’actualité de l’Afrique avec ses injustices, sa pauvreté et ses guerres l’amènera m’a toujours inspiré. Au fil du temps, cela m’a mené vers une attitude dénonciatrice faute de remède aux problèmes l’émigration clandestine ou la situation des travailleurs sénégalais. Mais mes palettes célèbrent aussi les traditions africaines : la circoncision avec ses valeurs de socialisation et l’enseignement qu’il prodigue à l’homme qui acquiert, de ce fait, et pour la vie, des valeurs refuges contre toutes les crises existentielles », explique cette ex-pensionnaire de l’Ecole nationale des Arts (Ena).

Quant à Félicité Codjo, elle est dans un tout autre registre. Elle peint des personnages torturés qu’elle dépouille du regard sur ses toiles pour en pénétrer la profondeur. Autant dire que Félicité ne cherche pas à plaire, elle ne cherche pas le beau mais elle va plutôt dans le tréfonds de l’humain pour faire ressortir ses blessures, ses douleurs muettes, ses univers sombres. Quand on côtoie très souvent des déficients mentaux à l’hôpital Fann à travers des ateliers de peinture, c’est normal qu’on ait cette démarche artistique.

Entre les déficients mentaux et les talibés, la transition est trouvée puisque ces deux catégories de notre société ont ceci en commun que la rue est leur lieu de vie pour la plupart d’entre eux. Et justement la scène de vie quotidienne des talibés, c’est le thème de prédilection de Mahmoud Baba Ly. Et cela transparaît bien sur les toiles présentées. Ce militant de la cause talibé partage avec La Mauritanienne Aminata Sow, le goût de l’abstrait. Véritable passerelle entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, l’artiste mauritanienne s’est formée en calligraphie et en peinture. La liberté est son combat et son leitmotiv, son ambition pour elle-même et pour ses sœurs. Le thème de la liberté, inspire sa palette qui ne rechigne pas non plus à accoucher du figuratif.   


Si on ajoute aux toiles de ces quatre artistes les photographies du Belge Jean Louis Massart, on a le panorama complet de cette exposition « Brassage culturel ». Les œuvres de Massart sont une invite au retour aux sources. Intitulées « Rencontres sur le fleuve 2012 », celles-ci lui sont le fruit de sa promenade photographique sur les rives du fleuve Sénégal le long des 250 km entre Saint-Louis et Podor. Son objectif immortalisant les regards et sourire d’enfants. De ces émotions, l’artiste a tiré un recueil de petites œuvres d’arts constituées de photographies agrémentées de textes de poètes présents sur le bateau Bou El Mogdad.

vendredi 13 juillet 2012

Angoisse à l'UCAD




''Plus de peur que de mal'' se dit-on entre étudiant. Depuis l’annonce du ''Crash d'avion ou de pavillon'' qui doit avoir lieu le 18 prochain, selon celui ou celle qui l'a prédit les étudiants ne dorment plus sur leurs deux oreilles.
Hier soir aux environs de 2H30 du matin un incendie s'est déclaré dans l'un des boutiques du campus social. Cependant certains étudiants ayant pris la fuite ont pensé à l'arrivée anticipée du ''crash du 18''.
En ce Jeudi matin la conversation entre étudiant s'accentue sur la peur d'hier. Plusieurs arguments ont été donnés et chacun raconte sa mésaventure. 
Mamadou Agne logé au pavillon B, entouré par cinq de ses camarades, à voix basse confie''. Je passe des jours et des nuits incroyables je ne dors presque pas. Je pense tout le temps à ce qui va advenir le  18".
Il ajoute: «et hier quand l'incendie s'est déclaré à côté de mon pavillon j'ai cru que s'en était fini pour nous tous. Heureusement Il y a eu plus de peur que de mal."
Un peu plus loin Hillaire Séne lui pense :''je suis choqué et déçu par mes camarades. On n’a pas à croire ces charlatans. Ils veulent juste nous faire perdre la raison. De partout mes parents m'appellent pour me dire de quitter le campus mais je le ferais pas car je reste convaincu que partout ou tu seras si tu dois mourir tu va par A ou B rendre l'âme''.
Ibou Diouf :''Moi je ne resterai pas ici. Dés ce week end je rentre à Kaolack et je ne reviendrai que quand je serai sûr que tout est à la normal''.En ce moment qu'on l'avoue ou pas on a tous peur de ce qui va arriver. Maintenant c'est devenu quelque chose de psychologique. Il suffit d'entendre un petit bruit pour que tout le monde sursaute. Et ceci à la fin devient farfelu''. 
Depuis prés de trois semaines les étudiants se sentent perturbés. Cependant tous à l’unanimité espère de tout cœur que cet ‘’événement prédit’’ n’aura pas lieu. Et que ces voyants seront conduits en justice car ceci relève de trouble à l’ordre public.

jeudi 12 juillet 2012


Demba N’diaye, alias « Boss »
Vigile le matin, lutteur le soir
Demba Ndiaye a un destin singulier. Avant de devenir vigile à la direction du Coud (centre des œuvres universitaires de Dakar), il a bien roulé sa bosse car il a été tour à tour porteur de bagages, docker, videur et lutteur à ses heures perdues.
Portrait
A l’Ucad tout le monde le connait. Par sa forte corpulence et sa noirceur d’ébène, il ne passe pas inaperçu. Demba Ndiaye à l’état civil, « Boss » pour ses amis et collègues, est vigile et traîne sa silhouette impressionnante au campus depuis une dizaine d’années maintenant. Il est le principal préposé à la porte de la direction du Coud. « C’est en 2002 que j’ai été recruté ici en qualité de vigile » se souvient-il. C’est à partir de cette date donc que ce videur dans une boîte de nuit, sise au quartier du Point E, découvre le monde des étudiants.
Natif de Bambey, dans la région de Diourbel, ce Sérère a débarqué à Dakar à l’âge de 13 ans, en 1993, après avoir abandonné les bancs. « Je n’étais pas un brillant élève. C’est pourquoi, après avoir échoué à l’entrée en 6ème, j’ai convaincu mes parents de me laisser venir à Dakar tenter ma chance dans un métier » raconte-t-il.
C’est ainsi que Demba débarque à la maison de son oncle à Grand Yoff. Ce dernier, docker au Port de Dakar, lui trouve un petit boulot aux alentours du port. « Mon oncle avait la possibilité de me faire travailler à l’intérieur du port, mais vu mon jeune âge, il aurait été difficile pour moi d’y avoir accès » lâche-t-il d’une voix rauque et posée. A ce moment de la discussion, un de ses collègues vigiles le chamaille un peu. Après ce petit moment de distraction, « Boss » reprend le cours de l’histoire qu’il n’avait pas encore fini de raconter.
A défaut d’être docker donc comme son oncle, alors que sa forte corpulence pouvait l’y prédestiner, le jeune Demba se résout à travailler comme porteur de bagages à la devanture du môle 1. Loin d’oublier les siens restés à Bambey, Demba leur envoie parfois un peu d’argent. « Je ne gagnais pas beaucoup. Juste de quoi subvenir à mes petits besoins, mais quand même je faisais de mon mieux pour envoyer de l’argent à mes parents » dit-il, un petit sourire de fierté au coin de la bouche.
Finalement, c’est à l’âge de 18 ans que Demba a pu rejoindre son oncle à l’intérieur du port en tant que docker. Il n’eût aucune difficulté à se mouler dans son nouveau métier car « macha allah, Dieu m’a doté d’une belle force physique » se vante Demba.
Et pourtant, « Boss » ne va pas s’éterniser dans le métier de docker. En effet, par l’entremise d’un ami, il est recruté comme videur dans une boîte de nuit. Cette expérience aussi sera de courte durée puisqu’il n’a pas tardé à déposer ses baluchons au Coud. Et depuis, Demba y est et fait même office de doyen parmi ses collègues. « J’ai été témoin de tous les évènements qui se sont passés ces dernières années dans le campus et j’ai vu passer beaucoup d’étudiants » avance Demba. De ces évènements dont il parle, celui qui l’a le plus marqué reste les affrontements sanglants de 2006 entre les forces de l’ordre et les étudiants. En tant que vigile, Demba assure que lui est ses collègues étaient totalement débordés devant l’ampleur des dégâts. « C’était le chaos, le sang partout, la situation avait vraiment débordé » se rappelle-t-il.
En bon Sérère, Demba s’est mis aussi à la lutte. Pensionnaire de l’école de lutte « Sakku xam xam » dirigée par l’ancien lutteur Birahim Ndiaye, il a déjà à son actif trois combats avec à la clé un palmarès moyen. « J’ai concédé deux défaites pour une victoire » décompte Demba. D’ailleurs, ces collègues n’arrêtent pas de le railler sur son maigre palmarès. Lui, loin de s’en offusquer, le prend bien. « Ces des amis et des collègues, c’est normal qu’ils me taquinent un peu, ce n’est pas grave » reconnait Demba avec un haussement de ses larges épaules. Pour lui, la lutte c’est juste une passion où il ne compte pas durer.
Demba Ndiaye alias « Boss » entretient de bonnes relations avec les étudiants même s’il reconnaît que certains parmi eux les regardent parfois de haut et ne leur accordent pas tout le respect qu’ils leur doivent. « C’est difficile de travailler dans un milieu aussi peuplé où il y a des gens qui viennent de tous les coins du Sénégal, voire du monde, avec chacun son éducation, sa culture. Mais nous essayons tant bien que mal de gérer tout cela en agissant à chaque fois avec tact » soutient Demba.
Marié depuis deux ans et père d’une petite fille, « Boss » se plaît bien dans son travaille. Agent à temps plein, il bénéficie depuis cinq d’un contrat à durée indéterminée qui lui permis d’avoir un bon salaire et une couverture médicale. Ce qui lui permet de bien nourrir sa petite famille et à envoyer de l’argent à ses vieux parents. « C’est l’essentiel, je rends grâce à Dieu » se réjouit-il.

M.

vendredi 6 juillet 2012

Un appel à la reconstruction du Collège de Bokhol

 Construit en 2007, le collège de Bokhol n’existe que par le nom. Avec Six salles de classe l’effectif est pléthorique avec 419 élèves. En cela les responsables de l’école appel au secours aux différents autorités afin que le collège puisse disposer de nouveaux infrastructures. 

 Une cours assez grande, un bâtiment de 7 pièces logées à coté, nous sommes au collège de Bokhol un village situé à 11KM de Dagana. Cependant le collège ne dispose que 6 salles de classes. Le manque de matériels sophistiqués et surtout de blocs administratifs posent d’énormes difficultés. Parent, professeur et élève déplorent les conditions difficiles d’étude. Abou séye, la cinquantaine, habillé en boubou kaftan assis sur un bureau assez mal équipé est le surveillant général de ce collège. A voix basse Monsieur Séye se lamente du sort de l’école : « L’école construite depuis 2007 ne dispose que de 6 salles de classe. Le censeur n’a pas de bureau, moi non plus et les professeurs n’ont pas de salle et les élèves sont tellement nombreux que six salles ne peuvent les contenir. » Il ajoute : « ce bureau dont je suis assise est à la fois celui du censeur et la salle des professeurs. Et se sont même les parents d’élèves qui ont cotisé pour nous le construire’’. Cet établissement né avec le second mandat de l’alternance semble être laissé sur lui même. Pour Moustapha N’doye, professeur de lettre Anglaise « c’est vraiment le comble. Ici tout est sec y’a absolument rien du tout et le pire est que les autorités de cette localité sont indifférents à la situation’’, martèle –t-il. Trouvé à la sortie de l’école, Ibrahima Sarr élève en classe de 3e lui bien qu’il lance un appel pour que les autorités reconstruisent l’école, il dit ne pas se soucier de la disponibilité de place :’’ce qui m’intéresse c’est simple. Même s’il faut s’assoir par terre l’essentiel est de réussir mon BFEM et passer en classe supérieure.’’ Après réflexion il ajoute :’’ Du moins pour mes petits frères qui vont venir j’aimerai vraiment que l’école soit reconstruite tout comme à l’image de ceux de la capitale’’. Outre le manque d’infrastructures, l’eau, l’électricité posent aussi des problèmes. Après plusieurs appels du coté de leurs partenaires et du gouvernement sortant, l’espoir est dirigé du côté du nouveau gouvernement afin que le Cem de Bokhol puisse disposer de nouveaux salles de classes.